Technique audio



Avec le progrès considérable des technologies de reproduction sonores disponibles aujourd’hui pour le grand public et grâce au développement du home cinéma, il est parfaitement possible de reproduire la musique sur plusieurs hautparleurs entourant complètement l’auditeur. Et cerise sur le gâteau, la plupart des amplificateurs home cinéma modernes proposent de reproduire tous les enregistrements stéréos en utilisant toutes les enceintes disponibles. Bien que la voie centrale et les canaux arrière soient obtenus par calcul, les processeurs et les algorithmes sont aujourd’hui suffisamment réalistes pour satisfaire même les mélomanes ! Mais il faut pour cela que les enceintes soient toutes assorties entre elles et que les réglages du système soient ajustés correctement.

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La prise de son multi micro


C’est la technique de prise de son la plus utilisée, chaque instrument (ou groupes d’instruments) utilise un micro adapté au type de sonorité que l’on souhaite obtenir et on enregistre chaque micro sur une piste audio indépendante. Plus tard, en studio, on effectue un mixage en stéréo ou en multicanal. Cette méthode permet même d’enregistrer en plusieurs jours différents groupes d’instrument, puis les solistes séparément. Et c’est finalement le mixage qui va déterminer entièrement l’aspect esthétique de l’enregistrement

Il me parait évident que ce bidouillage extrême ne permet pas de saisir la spontanéité et le naturel nécessaire à la transmission des émotions véhiculées par la musique. Pourtant avec les progrès du numérique ce type de prise de son peut créer de bons d’enregistrement avec une qualité sonore étonnante mais souvent à la limite du surréaliste.

Le micro ORTF


couple%20ortf.jpg La technique ORTF vise à imiter l’emplacement des oreilles de la tête d’un adulte. Deux micros directifs de type cardioïde sont placées à 17cm l’un de l’autre et forment un angle de 110 degrés.
 
L’image sonore obtenue a le plus souvent une grande profondeur et une bonne précision. L’utilisation de micros cardioïdes a pour effet de capturer beaucoup moins de réflexions réverbérées, et de fait on perd une partie de l’acoustique de la salle de concert.
 
Dans la pratique les ingénieurs du son font varier l’écart entre 90 et 120 degrés et la distance de 0 à plus de 30 cm. L’expérience a montré que plus les micros sont rapprochés entre eux plus l’angle idéal devient grand.   
   
Contrairement à la prise de son multi micros, ce format de prise de son utilise á la fois la cohérence spatiale et temporelle. Lorsqu’il est bien utilisé, il donne des enregistrements remarquables de précision, et des résultats vraiment très réalistes. Bien que le couple ORTF ne produit que deux signaux audio (donc en stéréo) il et aussi parfaitement adapté à une reproduction sonore sur trois enceintes frontales (ou plus) puisque la cohérence temporelle et spatiale des deux signaux permet de calculer avec une bonne précision et vraisemblance les signaux des autres canaux.  


L’évolution du micro ORTF


Le système OCT (Optimal Cardioïde Triangle) utilise trois micros de type cardioïdes pour une prise de son stéréo,

Optimal%20cardoide%20triangle.jpg C’est en fait un couple ORTF modifié avec une base plus importante auquel on a ajouté un miro central (souvent hyper cardioïde) pour combler le « trou » central de l’image sonore provoqué par l’agrandissement de la base du couple ORTF.  

En jouant sur la largeur de la base, la position plus ou moins avancée du micro central et sur le niveau du mixage de la voie centrale qui est repartie sur les canaux G et D, il est possible d’obtenir une image stéréo extrêmement précise. Ce système allie les qualités du couple ORTF avec une plus grande souplesse d’utilisation.

Pour ces deux techniques de prise de son, l’esthétique de l’enregistrement dépend essentiellement des choix des interprètes et du bon placement des micros qui détermine l’équilibre entre le son des musiciens et l’acoustique du local. Avec ce genre d’enregistrement l’ingénieur doit faire les choix définitifs dès le départ, il ne pourra corriger que très modérément d’éventuelles erreurs en studio.

Le futur en multicanal


En théorie avec un format audio codé réellement multicanal comme le Dolby Digital ou le DTS (plus performant), ou mieux, avec un format « haute définition » comme le SACD ou le DVD Audio, il devient théoriquement possible d’enregistrer de de reproduire fidèlement toute la musique avec l’acoustique réelle de la salle de concert sans en perdre une seule miette.

Plusieurs systèmes de prise de son multicanal existent actuellement, mais ils ont tous été conçus exclusivement pour les besoins du cinéma. Hélas, ils utilisent plusieurs types de micros avec des qualités sonores différentes à l’avant, au centre ou à l’arrière, par conséquence la capture du son ne peut en aucun cas être homogène dans toutes les directions. De plus le signal sonore subit ensuite un traitement complexe pour obtenir un résultat adapté aux besoins de chaque scène du film et respecter les formats DTS ou Dolby. Le réalisme absolu nécessaire à la reproduction de la musique classique n’a rien à voir avec cela !

Toutes ces techniques ne me paraissent pas non plus avoir été mises au point en concertation avec les ingénieurs qui construisent les systèmes de reproduction sonore. Ces derniers ont démontré depuis longtemps qu’une reproduction sonore correcte des ambiances naturelles et des sons en mouvement nécessite à la fois une qualité du son (timbre et niveau) indépendante de la direction de la source sonore, ainsi qu’une grande homogénéité temporelle entre les différents canaux sonores.

Le micro multicanal reste à inventer


Mon intuition, mon expérience des techniques de reproduction sonore en multicanal, et mon intense souhait de pouvoir écouter chez moi la musique dans toute la splendeur de l’acoustique d’une salle de concert exceptionnelle comme l’église des Dominicains de Guebwiller, m’ont poussé à imaginer une nouvelle approche à la fois très rigoureuse et malgré tout relativement simple, parfaitement adaptée aux standards Audio HD comme le SACD.

Le principe de base de mon système de prise de son consiste à étendre au format multicanal 6.1 la fameuse technique de prise de son du « micro ORTF » dont la réputation n’est plus à faire ni pour son homogénéité temporelle ni pour le respect du rendu sonore et spatial. Une méthode de calcul simple permet de trouver, en fonction des dimensions de la salle et de la taille de la formation à enregistrer, les positions relatives des micros. Comme pour le couple ORTF, il ne restera plus qu’à déterminer expérimentalement la distance entre le groupe de micro et les musiciens. Les techniques de postproductions en studio seront elles aussi superflues.

A ma connaissance personne n’a encore essayé d’adapter convenablement cette technique au format multicanal 6.1. Malheureusement je n’ai ni les moyens financiers pour construire un ou plusieurs prototypes, et je ne dispose pas non plus d’un orchestre qui se prêterai volontiers aux tests de mise au point de mon système. Une fois cette mise au point achevée, on pourrait construire ce type de système à partir de 5000.-€ pour les plus simples (système de micro, avec convertisseur numérique et PC). Avis aux amateurs !

Pour des informations plus détaillées, sur la reproduction sonore en multicanal ou les techniques du home cinéma rendez-vous sur mon site  Home Cinéma - Next Generation.



 

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